Pour une communauté solidaire

Éclairés par la foi, nous comprenons mieux à travers la solidarité le don gratuit, le pardon et la réconciliation.

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Notre petite planète est un grand village où chacun est plus ou moins dépendant de tous les autres

J’aurai beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante (1Co 13, 1).

Forte interpellation de l’apôtre Paul à notre égard mais juste. Par le fait même que Dieu est amour, et que nous sommes à son image, il apparait clairement que nous sommes appelés à faire rayonner cet amour. La solidarité, c’est donc d’abord comprendre la charité qui demeure en nous mais également la mettre en œuvre afin de reconnaître la dignité de chacun, au-delà des inégalités. La solidarité permet d’exprimer la charité. La charité donne tout son sens à la solidarité.

Au fond, faire le choix de la solidarité dans la vision de notre secteur pastoral, c’est mettre au centre de notre communauté le commandement de l’amour de Dieu. Éclairés par la foi, nous comprenons mieux à travers la solidarité le don gratuit, le pardon et la réconciliation. Car nous ne percevrons plus notre prochain seulement comme un être humain avec ses droits et ses égalités, mais comme l’image vivante de Dieu qui doit être aimé de l’amour dont le Seigneur l’aime.

 

Il ne s’agit pas seulement d’élever tous les peuples au niveau dont jouissent aujourd’hui les pays les plus riches, mais de construire par un travail solidaire une vie plus digne, de faire croître réellement la dignité et la créativité de chaque personne, sa capacité de répondre à sa vocation, et donc à l’appel de Dieu. (Encyclique Centesimus Annus, Saint Jean-Paul II, 1991).

 

Sur notre secteur, nous pouvons discerner deux éléments qui peuvent révéler la dimension solidaire de notre communauté. D’abord, les liens d’amitiés avec la communauté de Rajagopalaperi depuis plusieurs années. L’action solidaire entreprise et que nous continuons d’entreprendre permet le soutien de nos frères indiens dans leur dignité d’être humain. Et le deuxième élément est l’association SART (Service d’accueil des réfugiés temporaires) sur l’ensemble du Bassin d’Arcachon afin de favoriser l’accueil des réfugiés de guerre. Une occasion pour nous de percevoir la charité qui nous habite comme la réponse au mal de notre temps.

Ayons à cœur, en ce temps de Carême, de réfléchir sur notre disposition à faire rayonner l’amour de Dieu en chacun de nous.

 

Abbé Thomas GAUCHER, vicaire

Ce que nous dit le pape François

Discours de Carême 2017 du pape François
Lazare nous apprend que l'autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d'ouvrir la porte de notre cœur à l'autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l'aimer, surtout lorsqu'elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l'Évangile au sujet de l'homme riche.

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Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui - au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur - nous montre le chemin à suivre. Que l'Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J'encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l'unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.


Discours de Carême 2014 du pape François
À l'exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe-tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l'eau et les conditions d'hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l'Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l'humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l'origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l'argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l'exigence d'une distribution équitable des richesses. C'est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l'égalité, à la sobriété et au partage.

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Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l'Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ;message qui se résume dans l'annonce de l'amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s'est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d'aider et d'enrichir les autres avec notre pauvreté. N'oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l'aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

 

 

 

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