Pour une communauté accueillante

La vie fraternelle, pour notre vision, doit se décliner sous trois formes :

- promouvoir la convivialité

- susciter le dialogue

- soigner l'accueil

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Dans notre vision pastorale nous avons fait le choix d'y inclure le mot "accueillante"

Si le Code de droit canonique (1983) définit la paroisse comme 'communauté déterminée de fidèles, constituée d’une manière stable dans l’Église particulière' (c 515 § 1), il n'est pas rare qu'une des principales critiques faites envers les paroisses, tant par ceux qui la fréquentent occasionnellement que parfois aussi ses propres membres, soit qu’elle n’est pas suffisamment une communauté : certains lieux, surtout en ville, sont perçus comme trop anonymes. On y retrouve trop peu un partage et un soutien fraternels qui marquaient les premières communautés chrétiennes et que nos contemporains recherchent aujourd’hui.

Dans notre vision pastorale nous avons fait le choix d'y inclure le mot "accueillante". Cette impression ressentie par beaucoup grâce aux groupes telles nos pastourelles ou nos échanges post-messe, s'est développée depuis plusieurs années. Nous touchons ici au thème de la vie fraternelle. Dans son ouvrage, le père James Mallon affirme qu'en 3 minutes seulement, une personne saura si elle restera ou pas dans cette paroisse.

Il me semble que la vie fraternelle, pour notre vision, doit se décliner sous trois formes :

- promouvoir la convivialité. La paroisse doit susciter des lieux et des temps d’amitié et de fête, pour une meilleure connaissance mutuelle et aider à la création de communauté plus fraternelle. L’enjeu de la convivialité n’est pas seulement de passer des bons moments ensemble, ou de se connaître mutuellement, mais il est aussi théologal : se reconnaître membre du même corps du Christ, vivre une communion.

- susciter le dialogue par la reconnaissance mutuelle. Nous avons tous nos différences, mais il est important que les paroissiens puissent créer des espaces de rencontre afin se connaître, réfléchir ensemble et partager leur foi.

- soigner l'accueil. Pour les nouveaux arrivants, les personnes qui souffrent ou rarement en contact avec l’Église, la qualité de l’accueil est un élément déterminant dans la (re)découverte du Christ et de l’Église. Cet accueil attentif et respectueux sera le plus témoignage qu'un chrétien pourra donner.

Ce dimanche, nous voyons combien le Christ et la Samaritaine, dans leurs attentes si diverses, se sont rendus disponibles l'un l'autre. Que notre action, expression de notre foi, devienne pour les autres "une source jaillissant pour la vie éternelle".

votre curé, Jean-Laurent MARTIN

 

 Ce qu'en dit le pape François

Audience générale du pape François - 09/09/2015


Dans les Évangiles, l'assemblée de Jésus a la forme d'une famille accueillante, non d'une secte exclusive, fermée: on y trouve Pierre et Jean, mais aussi l'affamé et l'assoiffé, l'étranger et le persécuté, la pécheresse et le publicain, les pharisiens et les foules. Et Jésus ne cesse d'accueillir et de parler avec tous, même avec celui qui ne s'attend plus à rencontrer Dieu dans sa vie. C'est une leçon forte pour l'Église Les disciples eux-mêmes sont choisis pour prendre soin de cette assemblée, de cette famille des hôtes de Dieu.

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Pour que cette réalité de l'assemblée de Jésus soit vivante aujourd'hui, il est indispensable de raviver l'alliance entre la famille et la communauté chrétienne. Nous pourrions dire que la famille et la paroisse sont les deux lieux dans lesquels se réalise cette communion d'amour qui trouve sa source ultime en Dieu lui-même. Une Église vraiment selon l'Évangile ne peut avoir que la forme d'une maison accueillante, avec les portes ouvertes, toujours. Les églises, les paroisses, les institutions qui ont les portes fermées ne doivent pas s'appeler églises, elles doivent s'appeler musées!


Evangelii gaudium (La joie de l’Évangile) pape François —2013


L'Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d'avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu'un veut suivre une motion de l'Esprit et s'approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d'une porte close. Mais il y a d'autres portes qui ne doivent pas non plus se fermer. Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n'importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est " la porte", le Baptême. L'Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. L'Église n'est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile. (n°47)

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Être Église c'est être Peuple de Dieu, en accord avec le grand projet d'amour du Père. Cela appelle à être le ferment de Dieu au sein de l'humanité. Cela veut dire annoncer et porter le salut de Dieu dans notre monde, qui souvent se perd, a besoin de réponses qui donnent courage et espérance, ainsi qu'une nouvelle vigueur dans la marche. L'Église doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l'Évangile.(n°114)

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Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je répète ici pour toute l'Église ce que j'ai dit de nombreuses fois aux prêtres et laïcs de Buenos Aires : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église malade de la fermeture et du confort de s'accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d'être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c'est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l'amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j'espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37). (n°49)

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