Pour une communauté qui s'engage à célébrer

Si tu veux savoir ce en quoi l’Eglise croit, écoute ses prières. Parce qu'elle est le lieu le plus éminent de notre rencontre personnelle et communautaire avec le Seigneur, nous devinons combien nous avons à soigner notre façon de prier et de nous adresser à lui, que ce soit par des temps de louanges, d'intercessions ou de célébration des sacrements.

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La loi de la prière détermine la loi de la foi (Célestin 1er)

'Lex orandi, lex credendi'. Cet adage, prononcé pour la 1ère fois par Célestin 1er au Ve siècle et repris de nombreuses fois depuis, signifie en quelques mots que la loi de la prière détermine la loi de la foi. Autrement dit, l’Eglise croit comme elle prie.

En cette 4e semaine de Carême où l'Eglise, par le dimanche de Laetare (dimanche de la joie) se réjouit dans sa liturgie du salut par les fêtes pascales qui approchent, notre communauté est invitée à réfléchir quelques instants sur le 4e élément de notre vision pastorale : une communauté qui s'engage à célébrer.  

Dans sa lettre apostolique pour le 25e anniversaire de la constitution conciliaire sur la Sainte Liturgie (Sacrosanctum Concilium), le pape Jean-Paul II soulignait : "Parce que les actions liturgiques ne sont pas des actions privées (...) Parce que la liturgie est la grande école de la prière de l'Église, la fidélité aux rites et aux textes authentiques de la liturgie est une exigence de la lex orandi, qui doit toujours être conforme à la lex credendi. Le manque de fidélité sur ce point peut même toucher à la validité des sacrements."

 

Si tu veux savoir ce en quoi l’Eglise croit, écoute ses prières. Parce qu'elle est le lieu le plus éminent de notre rencontre personnelle et communautaire avec le Seigneur, nous devinons combien nous avons à soigner notre façon de prier et de nous adresser à lui, que ce soit par des temps de louanges, d'intercessions ou de célébration des sacrements. Cette expérience particulière de la rencontre, beaucoup d'entre vous l'ont souligné lors du questionnaire fait il y a quelques mois à l'occasion de notre synode diocésain. Plusieurs équipes (près de 90 dans le diocèse et deux pour notre secteur) travaillent en ce moment à la fiche ('En vérité, le Seigneur est en ce lieu') dont la thématique se préoccupe non seulement de savoir comment rendre nos liturgies toujours plus belles, conscientes et actives mais aussi pour quelle occupation de nos églises dans un avenir plus ou moins proche.

Vous le savez, dès mes premières années passées avec vous, j'ai désiré placer 'l'Eglise au centre du village' par cette primauté de la liturgie. Beaucoup de choses ont été faites en ce sens et ont rendu nos célébrations attrayantes. Beaucoup reste encore à faire. Mais, parmi tous les autres moyens, la rencontre de Dieu par la beauté n'en vaut-elle pas le coût ?

 

votre curé, Jean-Laurent MARTIN


Propos sur la liturgie prononcés par le pape François


Dans la liturgie eucharistique Dieu est présent », de manière encore « plus proche» que dans la nuée du temple, sa présence « est une présence réelle. Lorsque je parle de liturgie, je me réfère principalement à la sainte messe. La messe n'est pas une représentation, c'est autre chose. C'est vivre de nouveau la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. C'est une théophanie: le Seigneur se fait présent sur l'autel afin d'être offert au Père pour le salut du monde.

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La liturgie est le temps de Dieu et l'espace de Dieu, nous devons nous y mettre dans le temps de Dieu, dans l'espace de Dieu et ne pas regarder notre montre. La liturgie, c'est vraiment entrer dans le mystère de Dieu, se laisser porter au mystère et être dans le mystère. C'est la nuée de Dieu qui nous enveloppe tous. Je me souviens que, lorsque j'étais enfant et que l'on nous préparait à la première communion, on nous faisait chanter "Ô saint autel gardé par les anges". Cela nous faisait comprendre que l'autel était réellement gardé par les anges et cela nous donnait le sens de la gloire de Dieu, de l'espace de Dieu, du temps de Dieu. J'invite les personnes présentes à demander aujourd'hui au Seigneur de nous donner à tous ce sens du sacré, ce sens qui nous fasse comprendre qu'une chose est de prier à la maison, de réciter le chapelet, de dire beaucoup de belles prières, de faire le chemin de croix, de lire la Bible, et qu'une autre chose est la célébration eucharistique. Dans la célébration, nous entrons dans le mystère de Dieu, dans cette voie que nous ne pouvons pas contrôler. Lui seul est l'unique, lui est la gloire, lui est le pouvoir. Demandons cette grâce : que le Seigneur nous apprenne à entrer dans le mystère de Dieu

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De la beauté de la chose liturgique, qui n'est pas seulement un ornement et un goût pour les vêtements, mais la présence de la gloire de notre Dieu resplendissant en son peuple vivant et consolé, considérons-en maintenant l'action 1 L'huile précieux qui oint la tête d'Aaron ne se contente pas de parfumer sa personne mais se diffuse et atteint toutes les 'périphéries'. Le Seigneur le dira clairement : son onction est pour les pauvres, pour les prisonniers, pour les malades, pour ceux qui sont tristes et seuls. L'onction, chers frères, n'est pas destinée à nous parfumer nous-mêmes, ni davantage pour que nous la conservions dans un vase, parce que l'huile deviendrait rance ... et le cœur amer. (Messe chrismale 28 mars 2013).

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L'Église "en sortie" est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l'initiative, qui s'impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent. « Primerear - prendre l'initiative » : veuillez m'excuser pour ce néologisme. La communauté évangélisatrice expérimente que le Seigneur a pris l'initiative, il l'a précédée dans l'amour (cf. lin 4, 10), et en raison de cela, elle sait aller de l'avant, elle sait prendre l'initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus. Pour avoir expérimenté la miséricorde du Père et sa force de diffusion, elle vit un désir inépuisable d'offrir la miséricorde. Osons un peu plus prendre l'initiative En conséquence, l'Église sait "s'impliquer". Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Le Seigneur s'implique et implique les siens, en se mettant à genoux devant les autres pour les laver. Mais tout de suite après il dit à ses disciples : « Heureux êtes-vous, si vous le faites » (in 13,17). La communauté évangélisatrice, par ses oeuvres et ses gestes, se met dans la vie quotidienne des autres, elle raccourcit les distances, elle s'abaisse jusqu'à l'humiliation si c'est nécessaire, et assume la vie humaine, touchant la chair souffrante du Christ dans le peuple. Les évangélisateurs ont ainsi "l'odeur des brebis" et celles-ci écoutent leur voix. Ensuite, la communauté évangélisatrice se dispose à "accompagner". Elle accompagne l'humanité en tous ses processus, aussi durs et prolongés qu'ils puissent être. Elle connaît les longues attentes et la patience apostolique. L'évangélisation a beaucoup de patience, et elle évite de ne pas tenir compte des limites. Fidèle au don du Seigneur, elle sait aussi "fructifier". La communauté évangélisatrice est toujours attentive aux fruits, parce que le Seigneur la veut féconde. Il prend soin du grain et ne perd pas la paix à cause de l'ivraie. Le semeur, quand il voit poindre l'ivraie parmi le grain n'a pas de réactions plaintives ni alarmistes. Il trouve le moyen pour faire en sorte que la Parole s'incarne dans une situation concrète et donne des fruits de vie nouvelle, bien qu'apparemment ceux-ci soient imparfaits et inachevés. Le disciple sait offrir sa vie entière et la jouer jusqu'au martyre comme témoignage de Jésus-Christ; son rêve n'est pas d'avoir beaucoup d'ennemis, mais plutôt que la Parole soit accueillie et manifeste sa puissance libératrice et rénovatrice. Enfin, la communauté évangélisatrice, joyeuse, sait toujours "fêter". Elle célèbre et fête chaque petite victoire, chaque pas en avant dans l'évangélisation. L'évangélisation joyeuse se fait beauté dans la liturgie, dans l'exigence quotidienne de faire progresser le bien. L'Église évangélise et s'évangélise elle-même par la beauté de la liturgie, laquelle est aussi célébration de l'activité évangélisatrice et source d'une impulsion renouvelée à se donner. (Exhortation apostolique "La joie de l’Évangile" n°24)

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