Pour une communauté qui veut vivre du Christ Jésus

Voici la Sainte Semaine. Celle où les amis de Jésus ne s'endorment pas avec lui au jardin de la souffrance mais veulent renouveler pendant ces jours leur vie de disciples !

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Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde (Blaise Pascal)

Voici la Sainte Semaine. Depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Pâques, les Chrétiens, où qu'ils soient de par le monde, sont appelés à accompagner, jour après jour, le Christ sur ce chemin de salut vécu par lui pour notre salut.

Voici la semaine sainte en son chemin de croix ! Ne nous trompons pas ! Cette semaine ne se résume pas à la joie exubérante du jour des Rameaux ou de celui de Pâques ! L'exposition sur le linceul de Turin que nous pouvons voir chaque jour de cette semaine (15h-18h) en la chapelle de Mestras le rappelle : notre Messie est un messie souffrant. Chaque centimètre de ce tissu nous le rappelle. Pour autant, comme le signalent de nombreux auteurs spirituels, c'est bien la souffrance morale de Jésus à Gethsémani qui fut pour lui la plus douloureuse, celle où le démon, dans le jardin de l'agonie, lui susurra que tant de souffrances, sa Passion, sa Mort, pourraient être offertes en vain à cause de l’indifférence et de l’obstination des hommes ! « Mon âme est triste à en mourir ». « Et Il commença, dit l’Evangile, à avoir peur et être dégoûté » Le Jeudi-Saint est l’aurore de cette longue série de siècles d’amour d’agonie pendant lesquels Jésus-Eucharistie, caché dans nos tabernacles, restera le captif et l’hôte des cœurs désireux de fournir leur amour, même faible et maladroit. "Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde" (Blaise Pascal, Pensées, BVII, 553).

 Voilà ainsi le dernier 'volet' de notre devise pastorale : "Vivre du Christ Jésus !" Cette invitation lancée par l'apôtre Paul en son temps à la communauté des Colossiens, trouvera, j'en suis sûr, un écho particulier pour nous dans le visage de nos nouveaux baptisés de la nuit et du jour de Pâques. Tout au long de cette sainte semaine, puissions-nous avec tous les autres chrétiens du monde, réaffirmer notre foi au Christ. Sa mort par amour est un chemin de vie qui nous rejoint dans ce qu’il vit de difficile et lui donne une raison d’espérer en l'amour de Dieu, un amour qui est plus fort que la mort. Belle semaine à chacun !

 

votre curé, Jean-Laurent MARTIN

Ce qu'en dit le Pape François

'La joie de l’Évangile' Exhortation apostolique du pape François (2013)
Quand on assume un objectif pastoral et un style missionnaire, qui réellement arrivent à tous sans exceptions ni exclusions, l'annonce se concentre sur l'essentiel, sur ce qui est plus beau, plus grand, plus attirant et en même temps plus nécessaire. La proposition se simplifie, sans perdre pour cela profondeur et vérité, et devient ainsi plus convaincante et plus lumineuse.Toutes les vérités révélées procèdent de la même source divine et sont crues avec la même foi, mais certaines d'entre elles sont plus importantes pour exprimer plus directement le cœur de l'Évangile. Dans ce cœur fondamental resplendit la beauté de l'amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus Christ mort et ressuscité.

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J'invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd'hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n'y a pas de motif pour lequel quelqu'un puisse penser que cette invitation n'est pas pour lui, parce que « personne n'est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur ». Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu'un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts. C'est le moment pour dire à Jésus Christ « Seigneur, je me suis laissé tromper, de mille manières j'ai fui ton amour, cependant je suis ici une fois encore pour renouveler mon alliance avec toi. J'ai besoin de toi. Rachète-moi de nouveau Seigneur, accepte-moi encore une fois entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus ! J'insiste encore une fois : Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c'est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. Celui qui nous a invités à pardonner « soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22) nous donne l'exemple : il pardonne soixante-dix fois sept fois. Il revient nous charger sur ses épaules une fois après l'autre. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie. Ne fuyons pas la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, advienne que pourra. Rien ne peut davantage que sa vie qui nous pousse en avant !

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La première motivation pour évangéliser est l'amour de Jésus que nous avons reçu, l'expérience d'être sauvés par lui qui nous pousse à l'aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l'être aimé, de le montrer, de le faire connaître ? Si nous ne ressentons pas l'intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu'il vienne nous séduire. Nous avons besoin d'implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu'il ouvre notre cœur froid et qu'il secoue notre vie tiède et superficielle. Placés devant lui, le cœur ouvert, nous laissant contempler par lui, nous reconnaissons ce regard d'amour que découvrit Nathanaël, le jour où Jésus se fit présent et lui dit : « Quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jn 1, 48). Qu'il est doux d'être devant un crucifix, ou à genoux devant le Saint-Sacrement, et être simplement sous son regard ! Quel bien cela nous fait qu'il vienne toucher notre existence et nous pousse à communiquer sa vie nouvelle ! Par conséquent, ce qui arrive, en définitive, c'est que « ce que nous avons vu et entendu, nous l'annonçons » (1 Jn 1, 3). La meilleure motivation pour se décider à communiquer l'Évangile est de le contempler avec amour, de s'attarder en ses pages et de le lire avec le cœur. Si nous l'abordons de cette manière, sa beauté nous surprend, et nous séduit chaque fois. Donc, il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d'un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n'y a rien de mieux à transmettre aux autres.

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Dans ma vie personnelle, j'ai vu bien des fois le visage miséricordieux de Dieu, sa patience; j'ai vu aussi en de nombreuses personnes le courage d'entrer dans les plaies de Jésus en lui disant: Seigneur, me voici, accepte ma pauvreté, cache dans tes plaies mon péché, lave-le avec ton sang. Et j'ai toujours vu que Dieu l'a fait, a accueilli, consolé, lavé, aimé. Chers frères et sœurs, laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu; comptons sur sa patience qui nous donne toujours du temps; ayons le courage de retourner dans sa maison, de demeurer dans les blessures de son amour, en nous laissant aimer par lui, de rencontrer sa miséricorde dans les Sacrements. Nous éprouverons sa tendresse, si belle, nous sentirons qu'il nous embrasse et nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon, d'amour.

 

 

 

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